Le cabinet Baker McKenzie annonce une restructuration de ses business services avec environ 10% des effectifs concernés

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February 18, 2026
7 minutes

Le cabinet Baker McKenzie annonce une restructuration de ses business services avec environ 10% des effectifs concernés

La nouvelle a fait l’effet d’une onde de choc dans la sphère juridique mondiale : Baker McKenzie, l’un des cabinets d’avocats les plus renommés à l’international, a annoncé une importante restructuration de ses business services. Près de 10% de ces effectifs seraient ainsi potentiellement touchés. Cette décision, loin d’être anodine, soulève des questions cruciales pour la profession et l’organisation du soutien opérationnel au sein des cabinets d’avocats, à l’heure où le secteur repense ses modèles de fonctionnement.

Pourquoi une telle restructuration ? Stratégies et contextes économiques

La restructuration annoncée par Baker McKenzie s’inscrit dans un contexte économique plus large où la pression concurrentielle, l’évolution du marché des services juridiques et l’automatisation croissante redéfinissent les lignes. Comme nombre de grandes firmes, le cabinet fait face à des enjeux d’agilité, de compétitivité et d’alignement avec les besoins réels des clients.

Les business services désignent l’ensemble des fonctions support : marketing, RH, finance, IT, gestion documentaire ou encore communication interne. Ces équipes – souvent discrètes mais essentielles – permettent aux avocats de se concentrer sur leur cœur d’activité. En ajustant la taille et la structure de ces services, Baker McKenzie cherche à optimiser ses ressources et à favoriser davantage d’efficience.

Une transformation digitale en toile de fond

L’automatisation et la digitalisation bouleversent le fonctionnement historique des cabinets. Documents, partage d’informations, gestion de projets : de nombreuses tâches auparavant manuelles sont désormais assurées par des solutions technologiques performantes. Ce phénomène mondial impacte fortement les profils et missions au sein des business services.

Selon une étude Thomson Reuters de 2023, près de 75% des cabinets d’avocats mondiaux considèrent que l’automatisation va transformer leurs fonctions support d’ici cinq ans. Les postes administratifs et back-office sont particulièrement exposés, tandis que de nouvelles compétences technologiques sont de plus en plus recherchées. Le mouvement en cours chez Baker McKenzie n’est donc pas isolé – il reflète une tendance sectorielle profonde.

L’impact humain : inquiétudes et accompagnement du changement

Derrière les chiffres, ce sont des professionnels expérimentés qui voient leur avenir remis en question. Pour les cabinets d’avocats, réussir une telle transition implique non seulement une gestion rigoureuse des effectifs, mais aussi un accompagnement humain de qualité pour soutenir les collaborateurs concernés.

Un exemple marquant : lors d’une précédente vague de restructuration chez un autre « Big Law », la mise en place de dispositifs d’aide à la mobilité interne, de reconversions ou de formations sur les nouveaux outils digitaux a permis d’atténuer l’impact social. Chez Baker McKenzie, des mesures de soutien sont d’ores et déjà évoquées, allant de l’appui à la conversion professionnelle à un accompagnement psychologique, démarche saluée par certains syndicats et observateurs RH.

Enjeux pour les avocats : mutation des modes de travail et de collaboration

Même si les avocats en tant que tels ne sont pas directement concernés par cette vague de suppressions, l’organisation de leur quotidien sera inévitablement affectée. Une équipe support réduite signifie des changements dans la répartition des tâches, une possible montée en compétences sur certains sujets transverses, et une adaptation aux nouveaux outils et processus.

L’expérience d’autres cabinets ayant mené de telles transformations encourage à aborder ces mutations de manière proactive : impliquer les collaborateurs, favoriser l’intelligence collective et revoir certains workflows pour maintenir la performance globale. Il en résulte souvent une responsabilisation accrue des avocats sur des questions organisationnelles ou technologiques.

Perspectives à moyen terme pour le secteur juridique

La réorganisation de Baker McKenzie interroge plus largement sur l’avenir des business services dans la profession juridique. Au-delà de l’effet immédiat des suppressions de postes, la tendance de fond oriente vers des équipes support plus agiles, spécialisées et technophiles, capables de générer une réelle valeur ajoutée pour les activités juridiques.

Pour les cabinets, l’enjeu est aussi de préserver l’attractivité des fonctions support et d’accompagner l’émergence de nouveaux métiers en lien avec la transformation digitale : data analystes, spécialistes du legal tech, responsables de la cybersécurité ou encore gestionnaires de projets innovation. Une redéfinition du rôle et du périmètre des business services semble inévitable, en phase avec l’évolution des attentes des clients et des avocats.

Conseils pratiques pour anticiper et gérer ces mutations

Pour les cabinets et directions juridiques, anticiper l’évolution des business services implique quelques axes clés :

  • Evaluer régulièrement l’adéquation entre les missions support et les besoins réels du cabinet ou du département.
  • Miser sur la formation continue pour accompagner la montée en compétences et l’adaptation aux nouvelles technologies.
  • Favoriser la mobilité interne et les passerelles entre métiers support et fonctions juridiques pour préserver l’expertise interne.
  • Communiquer de façon transparente avec l’ensemble des équipes sur les projets de réorganisation et les raisons stratégiques sous-jacentes.

Adopter une approche agile et inclusive permet de transformer ces mutations en opportunité de renouveau, plutôt qu’en simple contrainte.

Conclusion : vers un nouveau modèle de business services ?

La décision de Baker McKenzie d’ajuster en profondeur sa structure business services est symptomatique des grands bouleversements qui traversent le secteur juridique mondial. Si ces réorganisations soulèvent légitimement des inquiétudes humaines, elles sont aussi l’occasion de réinterroger la valeur ajoutée des équipes support et de construire les bases d’un modèle plus agile, technophile et résilient.

Pour les avocats, c’est une incitation à se saisir de ces transformations pour participer activement à l’évolution de leur environnement de travail. La question demeure ouverte : quels nouveaux équilibres trouver entre efficience, innovation et accompagnement humain ?

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